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Victime n°3

L'homme courait. C'était une habitude qu'il avait prise, quelques années auparavant déjà, dans le but d'entretenir son corps, de ne pas le laisser se dégrader avec le temps. En soit, il n'en avait pas vraiment besoin : c'était en jeune homme presque encore un garçon. Bien sûr, il aimait penser qu'il était d'ores et déjà un homme fait et entretenait l'illusion de son mieux, si bien que son corps rendait presque le rêve vrai. Mais, il était toujours un peu immature...

Derrière lui, silencieuse comme une ombre, courait la silhouette. C'était un étrange spectacle que de voir cet être encapuchonné, son ample manteau fermé jusqu'au menton, courir pour suivre sa nouvelle proie. Il n'était pas si tard, il ne faisait pas vraiment nuit, mais c'était l'hiver et il ferait bientôt assez sombre. 

La future victime bifurqua pour entrer dans la parc. La silhouette suivit et le soleil, inexorablement, descendit derrière les arbres. Dès qui'il eu disparut, la silhouette accéléra. En quelques secondes elle rattrapa sa cible, qui, ne l'ayant pas remarquée, s'efforçait de maintenir une vitesse constante. Le jeune homme tomba au sol et la silhouette se jeta sur lui. Il ne fallait pas perdre de temps, il était plus solide, plus fort que les précédents. Le pauvre ne put répliquer car la silhouette sortit rapidement son habituel éclat métallique et se mit à l'ouvrage. A un moment, elle releva la tête et le bas de son visage fut éclairé par un rayon de lune. Alors qu'elle tournait son visage dans une direction où tout semblait normal, elle étira ses lèvres en un petit sourire à la fois moqueur et satisfait. Elle finit son travail et se releva, abandonnant comme toujours l'objet meurtrier sur le cadavre encore chaud. 

Cependant, au lieu de partir comme à son habitude, elle se dirigea vers l'endroit qu'elle avait fixé un instant plus tôt. Il y eu un léger son, comme un soupir et une seconde silhouette, plus petite, moins massive, mais vêtue d'une façon semblable s'extirpa précautionneusement des buissons. Elles se dévisagèrent un instant puis la seconde silhouette, la plus petite, celle qui était sortie des buissons, soupira de nouveau et tendit la main vers l'autre. Sans hésiter, la plus grande silhouette entrelaça leurs doigts gantés et elles s'en allèrent sans cesser de se regarder comme si elles avaient peur de se perdre malgré la pression qu'elles exerçaient l'une sur l'autre en se tenant. Quand elles furent parties, il semblait que rien ne s'était passé. Il n'y avait pas de trace du crime, à part le corps du jeune homme à moitié dissimulé sous un arbuste.



12/08/2016
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