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Un monde...

 


 

Le désert. Il n'y avait rien dans ce désert. En même temps, si il y avait eu quelque chose, ça n'aurait pas été un désert. Rien n'était rien. Enfin, il était là, lui et puis les quelques autres aussi, mais ils n'étaient rien non plus. Ils avaient l'air bien, tous, perdus dans le néant de ce désert qui n'était rien et où il n'y avait rien. Mais celui-là, de désert, c'était vraiment un désert désert. C'était le néant.

Un monde vide.

Noir la nuit, blanc le jour. Et encore, est-ce que c'était vraiment du noir et du blanc ? Est-ce que son imagination ne le laissait pas croire que les couleurs changeaient, juste pour qu'il ne pense pas qu'il n'y avait vraiment que du rien ?

Un monde monochrome, en noir et blanc.

Au fait, il pensait, il pensait, mais est-ce qu'il était vivant ? Probablement pas. Les autres n'avaient vraiment pas l'air de vivre. Il semblaient morts. Bon, il n'étaient pas tous pareils, mais c'était toujours une horreur de les regarder. Mais, ils devaient avoir la même sensation en le regardant, lui. Ils semblaient vraiment tous morts, vides.

Un monde mort.

Enfin, parfois, il détruisait des dunes, juste pour faire quelque chose, pour se sentir un peu moins rien que les autres. Pour être sûr qu'il était encore là. Mais au final, il n'en était jamais tout à fait sûr. Alors il recommençait.

Un monde détruit.

Et puis, il n'y avait pas de vent dans cet endroit. Ce n'était pas juste un désert, c'était un désert sans vent. Donc il était immobile. Il n'avançait pas et il finirait pas être plat quand lui, il aurait détruit toutes les dunes.

Un monde plat.

Mais, les autres ne touchaient jamais à rien. Il ne pouvait voir dans leur yeux vides, lorsqu'il détruisait les entassements de sable, qu'une fugace lueur de résignation. Et du désespoir. Un immense désespoir qui les rongeait. Mais s'ils étaient déjà morts, alors ils ne pouvaient pas mourir pour s'en débarrasser.

Un monde de désespoir.

Et c'était toujours l'hiver. Le désert s'arrangeait toujours pour congeler tous les liquides de votre corps. Pour vous transformer en glaçon, vous rendre fragile au point de briser au moindre choc un peu trop violent. Il faisait si froid.

Un monde froid.

En plus, il n'y avait jamais de bruit. Pas de vent qui souffle, pas d'eau qui coule. Ni lui, ni les autres ne parlaient. Probablement qu'aucun d'eux ne savaient plus parler, à force. Les mots étaient inutiles dans ce néant désertique. La seule chose qui les entourait, qui n'était pas rien, c'était sûrement le silence.

Un monde silencieux.

C'était un monde à la vois vide, monochrome, mort, détruit, plat, désespéré, froid et silencieux.

Pas un monde. Un cimetière. 



15/06/2015
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