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51 levés de Soleil

 La romance, c'est vraiment pas mon sac (pour ceux que ça intéresse c'est une expression traduite de l'anglais "it's not my bag"), alors, soyez indulgent, c'est la première fois que je m'essaye à ce genre d'histoire.... Alors sur cette histoire plus encore que sur les autres laissez-moi des commentaires, pour savoir ce que je dois améliorer.

"Il y a une rumeur qui dit que si tu regardes 51 fois le soleil se lever depuis cette colline avec la personne que tu aimes, lorsque tu lui fera ta déclaration, elle t'acceptera et votre amour durera, dit Jill." Sur la colline, deux ombres, côte à côte, rapetissaient.

C'était une des rumeurs qui couraient depuis longtemps. En général, à l'école primaire, il n'y avait que les CM2 qui s'y intéressaient. Jill y avait porté beaucoup d'attention au début. Tellement d'attention, que son ami d'enfance, Taka, lui avait un jour dit : "Tu ne devrais pas y aller avec la personne que tu aimes, plutôt que d'y aller avec moi ?" Jill avait alors cessé de l'y traîner tous les matins en allant à l'école. Ils y allaient encore, parfois. Mais jamais deux matins de suite, jamais plusieurs fois dans la même semaine non plus.

Ce que ne savait pas Taka, c'est que Jill était amoureuse de lui.

 Les deux enfants, aussi différents qu'ils soient, avaient toujours été amis. Ils étaient le contraire l'un de l'autre. D'un côté, il y avait Jill, une fillette totalement extravertie, qui disait ce qu'elle pensait et qui souriait tout le temps tandis que de l'autre, il y avait Taka, un garçon assez silencieux, plutôt renfermé sur lui-même. Physiquement, il étaient aussi comme le jour et la nuit. Taka avait de cheveux très sombres et des yeux ardoise, alors que son amie arborait de longs cheveux châtain clair qui tiraient légèrement sur le roux et de jolis yeux turquoise. Petits, ils avaient été très proches, presque comme un frère et une sœur, mais, en grandissant, ils s'étaient quelque peu éloignés. Ils ne partaient plus tout le temps ensemble le matin, ils ne dansaient plus tous les deux aux fêtes des autres. 

Au bout de 25 levés de soleil - la moitié de la peine que se donnait Jill ! - les deux jeunes étaient au milieu du collège, entre la 5ème et la 4ème. C'était l'heure du déjeuner. Jill cherchait Taka dans les couloirs de l'établissement. Elle avait beau regarder à gauche, à droite, revenir sur ses pas et l'appeler, elle ne le trouvait pas. En parcourant le parc, une mèche de ses cheveux, devenus parfaitement roux, se prit dans des branches. L'adolescente commença à les détacher, lorsque, de loin, elle vit les cheveux ardoise de celui qu'elle cherchait. Ses propres cheveux se dégagèrent enfin de l'arbuste et elle allait s'approcher de son ami quand elle s'aperçu qu'il n'était pas seul. Un fille, petite, blonde, toute mignonne, se tenait devant lui et ils parlaient avec animation. Jill se détourna. Elle ne voulait pas voir ça. Quoi que ce soit, elle ne voulait pas le voir. Elle partit en courant. Taka ne la remarqua pas.

Ce que ne savait pas Jill, c'est que Taka avait amené cette fille dans cet endroit pour lui demander des conseils pour séduire la fille qu'il aimait. Taka venait de découvrir qu'il aimait bien les rousses finalement...

La première année de lycée s'achevait sur le 37ème levé du soleil sur la colline que les deux amis avaient contemplé ensemble. Taka s'était changé après les activités du club de tennis auquel il s'était inscrit. Jill devait surement l'attendre. Ils avaient planifié une petite promenade, et, surtout, la rouquine voulait absolument qu'il passe par chez elle, qu'elle lui montre les progrès qu'elle avait fait en guitare. Le jeune homme se dirigea vers le hangar à vélo. Jill n'y était pas. Elle n'avait pas fini par partir sans lui quand même ?! Non, ça aurait bien été la première fois. Il n'avait pas reçu de message sur son portable et elle ne serait jamais partie sans prévenir. Il décida alors de se mettre à sa recherche. Après ce qui lui parut des siècles, il entendit des voix dans le couloir du 2ème étage. L'étage des terminales. Qu'est-ce qu'elle faisait là ? Il monta les escaliers quatre à quatre. Son ami d'enfance se tenait au milieu du couloir et riait avec un garçon. Un des plus âgés les plus redoutés. Non pas parce qu'il était violent, mais parce qu'il avait la réputation d'être un calculateur froid, à la limite du démoniaque. Certains pensaient vraiment qu'il sortait tout droit d'un cauchemar. Jill était donc là, en face de ce garçon, et ils riaient tous les deux aux éclats. Taka se retourna et, à pas de loup, rejoignit les marches qu'il dévala avant d'appeler Jill sur son téléphone. Elle montra le bout de son nez quelques minutes plus tard et ne parla pas du garçon. C'est qu'elle n'avait pas de compte à rendre à Taka finalement.

Après 42 levés de soleil observé avec Taka, il semblait, en apparence, que Jill aie abandonné. Elle avait eu plusieurs "amoureux" avec lesquels elle avait rapidement rompu. Quand Taka lui demandait pourquoi, elle lui répondait : "Je cherche le grand amour !" et la conversation s'arrêtait là. Elle ne semblait pas s'apercevoir des sentiments de son meilleur ami. En fait, elle se focalisait tellement sur les levés de soleil, qu'elle avait oublié qu'on pouvait tomber amoureux autrement. Elle le blessait alors inconsciemment en lui demandant semaine après semaine de lui présenter ses amis, pour voir si le "grand amour" se trouvait parmi eux. Taka ne refusait jamais. Il ne se sentait pas de taille à faire face à Jill si elle essuyait un refus de sa part. Elle pouvait devenir terrifiante.

51 levés de soleil. Enfin. Jill, avait atteint son but. Elle se tenait avec Taka, en haut de la colline. Il lui jeta un coup d’œil et sourit. "Quand tu fais cette tête, c'est que tu est tombée amoureuse. Qui c'est cette fois ?" Elle ne répondit rien. Elle regardait le soleil monter dans le ciel. Elle n'avait jamais prêté attention à sa beauté, malgré les efforts qu'elle avait pour venir 51 fois avec celui qu'elle aimait. Jill se tourna d'un coup vers Taka, lui attrapa la main et murmura : "C'est toi."Il y eut un silence. Un instant de flottement. Peut-être qu'à ce moment, le temps n'existait plus pour eux. Et puis le monde revint, tel qu'il était en temps normal, et le garçon se mit à rougir brusquement. Jill, qui lui tenait toujours la main, se mit à rougir à son tour.

Sur la colline, tout en haut, jour après jour, nuit après nuit, deux ombres rétrécissent face au levant. Elles le faisaient déjà avant, côte à côte mais éloignées l'une de l'autre. Elles l'ont fait aléatoirement pendant quelques temps. Maintenant qu'elles viennent chaque matin, elles se tiennent par la main. 



06/01/2015
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