100% bouquin

L'arrivée des Lynch

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J'ai enfilé en vitesse la toilette que l'on m'avait préparée. Encore une dorée. Personne n'avait donc compris que le doré n'allait qu'à ma sœur ? Avec mon imposante tignasse brune et ondulée, mes yeux chocolat et mon teint plus mâte à cause du soleil, le bleu et le rouge étaient les couleurs qui m'allaient. Enfin, ça éviterai que l'on me remarque. J'ai laissé mes cheveux lâchés – tout le monde avait déjà une mauvaise opinion de moi de toute façon – et j'ai rejoint Abi qui ne cessait de regarder le chemin, ou plutôt le carrosse qui était dessus, avec nervosité. Après m'avoir jeté un bref coup d’œil, elle m'a lancé :

« Mon Dieu, on va te prendre pour une souillon...Tu n'améliores pas notre image, tu sais. Notre famille est noble depuis des générations, tu devrais faire plus attention à ta mise.

- Ne vous en faites pas princesse, vous êtes bien assez ravissante, personne ne prêtera attention à moi.

- Mais ils vont encore dire de mauvaise choses de toi...

- Comme si tu t'en préoccupais. Ce n'est pas à toi que l'on prédit de devenir une fille de joie que je sache ?

- Cela fait du mal à Père et à Mère.

- Si cela les touchait vraiment, ils jugeraient alors peut-être bon de me faire suivre la même voie que toi, ne penses-tu pas ? Pour ma part, je m'aime comme je suis, c'est suffisant. »

Nos parents se sont alors montrés et nous avons cessé l'échange. La voiture à chevaux se trouvait maintenant à la porte. Ma sœur et mes parents se sont hâtés au dehors afin d'accueillir les invités et j'ai suivi avec lenteur, dissimulée derrière eux. Le fils est sortit le premier, sa mère en deuxième et le paternel en dernier. L'homme était rond, légèrement rougeaud, sa femme fine et adorable, une vraie beauté et leur fils, un gamin stupide qui se croyait meilleur que tout le monde parce qu'il était riche et qu'il avait un physique correct. Nous les avons salués, j'ai eu le droit aux regards méprisants des deux hommes et a un sourire désolé de la femme tandis que ma sœur recevait compliment sur compliment.

 

Margaret Lynch était la seule personne de cette famille que je pouvais supporter. Chaque fois qu'elle venait, nous parlions beaucoup. C'est elle qui avait découvert mon talent : ma vue. J'avais de très bon yeux depuis mon enfance. Les nuances de couleurs, les éraflures sur le bois, rien ne m'échappait. Depuis que Margaret et moi avions abordé le sujet, je m'entraînais pour vois toujours plus d'infimes détails.

 



03/04/2015
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