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Incompréhension Mutuelle

J'en ai assez de marcher dans cette maison. Elle est trop vieille, trop grande, trop vide. Je ne veux plus passer mes journées à en faire le tour.

Prend ma main, je marcherai avec toi. La maison n'est pas aussi immense que tu le crois et je suis là. Traversons-la encore une fois, tu verras que tout va bien.

Je peux entendre toute la maison craquer pendant la nuit. Ça me tient éveillée et je ne peux plus dormir. 

C'est la maison qui te dit de fermer les yeux. Reviens près de moi, ferme doucement tes paupières. Laisse-moi te bercer et rêve. 

Il y a des jours où je ne peux même pas me lever et m'habiller moi-même. Je ferai mieux de disparaître.

Et ça me tue de te voir comme ça. Même si j'ai l'impression que je ne peux rien faire, je te serrerai fort dans mes bras.

Dans me tête, j'entends une voix, elle me retient. Je suis prisonnière, à la fois de mon corps et de mon esprit.

Nos petites conversations me manquent. Allez, raconte-moi tout ce qui est arrivé, tout ce que tu as vu et entendu. 

Je l'ai bien remarqué, ils avaient des lumières dans leur yeux. Ils ont commencé à avancer vers moi et, à l'intérieur, je pouvais sentir mon cœur mourir. 

Alors tu as fermé la fenêtre et claqué la porte. Je t'en prie, révèle-moi ce que tu caches encore. Dévoile-moi leurs apparences et leurs expressions.

Ils étaient des enfants que j'ai connus. Je les ai vus beaucoup trop clairement et ils avaient l'air si réels... Je suis certaine qu'ils sont toujours là.

Explique-moi si tu les as touchés, s'ils t'ont suivie. Continue de me faire confiance, ne t'en fais pas, je te protégerai toujours.

J'avais l'impression de tomber dans un vide infini. Je sais qu'ils ne sont plus, ce ne sont que des cœurs morts. Mais surtout, surtout, ils ne doivent pas s'approcher.

La suite, murmure-là à mon oreille si tu es effrayée. Nous sommes à l'abri dans la maison, même si je vois que tu en doute.

Si je le disais, personne ne me croirai. C'est terrible de savoir qu'ils sont là - partout, des cœurs mourants ! - mais c'est pire encore de m'apercevoir que l'on s'en fait pour moi.

Tu penses le contraire, mais je t'assure que tu ne me déçois pas. Au lieu de réagir comme ça, rappelle-toi de la façon dont nous avions l'habitude de jouer, avant.

Il y a des jours où je ne différencie plus le bien du mal. Je ne discerne plus la douleur et le plaisir. J'aimerai quitter cet endroit.

Ton esprit te joue des tours. Cette maison est comme un bateau qui nous amènera sains et sauf jusqu'au rivage, je te le jure. 

Je n'y crois pas, tout le monde sait que la vérité varie selon les personnes. Tout est modifié en fonction du point de vue. Je voudrai fuir.

Mais non, tu devrais avoir foi en moi. J'ai été aussi près de toi qu'il est possible de l'être et cela depuis que nous nous connaissons.

Il ne faut pas s'inquiéter, tout sera bientôt terminé et paisiblement enterré avec le passé. Rien ne pourra m'en empêcher.

Ce que tu racontes est incompréhensible. Viens, je vais te tenir dans mes bras, doucement. J'essayerai d'apaiser ton âme agitée avec de douces paroles.

Je n'écoute pas un mot de ce qu'on me dit. Tous les cris sonnent pareil à mes oreilles. Il faut juste me laisser partir.

Non, attend, je t'en supplie reste encore un peu ici. Si je te regarde disparaître, il ne restera de toi qu'un fantôme que je verrai dans mon sommeil en me sentant coupable.

Il n'y avait rien qui aurait pu être fait pour moi. Mais maintenant, à travers le brouillard qui flotte devant mes yeux, j'entrevois la paix que j'ai cherchée en vain tout ce temps.



28/07/2017
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