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Cendrillon

Le prince des ténèbres

La bonne fée avait fait opérer sa magie. Cendrillon, apprêtée de sa nouvelle robe scintillante et de ses chaussures de verre, rayonnait alors qu'elle s'approchait de la grande citrouille sur roues qui lui servirait de carrosse pour la soirée. Elle lança un sourire aux souris qui étaient devenues des chevaux avant de monter à bord et de se laisser conduire. 

Ce qu'elle ne savait pas, c'est que les souris restent des souris, même transformées en chevaux. Alors, au lieu de suivre la route à découvert, la citrouille magique s'enfonça en cahotant dans la forêt, s'éloignant de la fête au palais lumineux que Cendrillon ne put même pas apercevoir. Quand, enfin, les rongeurs se souvinrent de ce qu'ils cherchaient, une grande forteresse sombre se découpa au loin et ils en prirent la direction.

Mais, Cendrillon n'ayant jamais vu de château, de loin ou de près, ne se doutait de rien, persuadée d'être sur le bon chemin.

Pourtant, quand elle pénétra dans la demeure, elle finit par se douter de quelque chose, car aucune lumière n'était allumée et un froid glacial régnait sans partage dans toutes les pièces qu'elle traversait. Enfin, alors qu'elle entrait doucement dans une salle qui semblait immense, des centaines de bougies s'allumèrent et un jeune homme fort bien vêtu, très élégant dans son costume sombre, s'approcha d'elle. Il souriait de toutes ses dents, d'un sourire étincelant.

"Princesse, puis-je avoir votre main ?"

Timide, elle la lui tendit. Il s'inclina, embrassa le gant qui recouvrait ses doigts et, à l'instant où il se relevait, un orchestre qui semblait à la fois loin et proche se mit à jouer. Ils partagèrent une danse, puis une autre et une autre encore. Cependant, minuit approchait, et Cendrillon s'en fut en courant, abandonnant derrière elle ses deux escarpins de verre. Soulevant une des chaussures, le prince noir rit. 

La jeune fille avait du mal à courir. Elle sentit alors une présence dans son dos et, se retournant brusquement, elle reconnu le prince avec qui elle avait partagé la soirée. De nouveau, il s'avança vers elle en lui tendant une main et elle se sentit attirée comme par un aimant. Elle était à présent prisonnière de cette main qu'elle avait, de son plein gré, acceptée de prendre.

"Je peux te sauver, lui susurra le jeune homme.

- Je n'ai pas besoin d'être sauvée, répliqua-t-elle sans comprendre ce qu'il entendait."

Elle s'apprêtait à dire autre chose, mais une lueur au fond des yeux du prince l'en dissuada. Puis, alors qu'elle venait de baisser sa garde, il effleura ses lèvres des siennes et dit :

"Le temps est arrêté... Minuit n'arrivera jamais."



28/09/2015
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