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Poèmes


Sourires

Masques élégants,

Sont les sourires,

Revêtus aussi aisément

Que l'air, on respire.

 

Bouches que le temps ravage

Et souffrance d'un autre âge,

Font les sourires de nos aïeux

Dont s'est éteint le feu.

 

Les sourires de politiciens,

Lèvres étirées sur des dents de requin,

Cachent aux plus crédules

Leur manque de scrupules.

 

Il faut croire qu'à présent,

Pour nos regards endurcis, 

Seuls les sourires des enfants,

Apportent une éclaircie.

 

Mais les plus vrais des sourires, 

Ceux qui valent tous nos soupirs,

Issus des émotions les plus pures,

Sont prisonniers de nos armures.


29/04/2017
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Mal

Il est un mal qui n'a de nom

Que pour ceux qu'il épargne

Et qui conduit à la destruction,

Ceux qu'il gagne. 

C'est un mal que l'Homme a créé

Usant du langage

Qui lui a été donné

Pour être, de sa supériorité, le gage.

Des mots, il emploi la malice,

Pour attaquer ses pairs,

Il les accuse de tous les vices,

Dénigre ses congénères.

Et les victimes malheureuses

De l'Homme et de son venin,

Du noble à la gueuse,

Souffrent bel et bien.

Le mal qui les atteint alors

En silence, les détruit

Car même s'il n'a de corps,

Il nuit

Cette douleur touche l'âme,

En poussière, la change,

Transperce l'esprit de lames,

Le laisse gisant dans la fange.

Aucun autre animal, en somme, 

Ne souffre de cette maladie

Qui atteint l'Homme

Et le flétrit :

Il cause lui-même ces dégâts ;

Loin de se repentir,

A d'autres, il les reprochera,

Ignorant, de sa méchanceté, les martyrs.

Il montre ainsi son inconstance,

Et n'en voit les effets.

Mais peu importe, de ses actes, le sens,

Lorsque le mal est fait.


21/01/2017
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Hypocrisie

Tous se connaissent, 

Et tous sont des inconnus.

Chacun ne laisse 

Que ce qu'il veut être vu,

Aux yeux des autres,

Paraître.

Commence le ballet de l'hypocrisie :

"Tu es très belle aujourd'hui."

Bien sûr... Savoir faire plaisir,

De nos jours, revient à savoir mentir.

La valeur de l'honnêteté

A été quelque peu égarée,

La retrouver 

Ne fait pas partie de nos priorités.

Se poursuit la danse des mensonges,

Les vrais compliments

Ont à présent

Valeur de songes.

Approche la fin de la valse des faux-semblants

Faux amis, faux sentiments.

"Ça m'a fait plaisir de vous voir."

Moi aussi. Enfin, non,

Mais je ne veux pas décevoir

Des hôtes qui servent de si charmants sermons

Sur une qualité qu'aucun ne possède,

Afin d'éviter

Que, sous le poids de la culpabilité,

Leurs jambes cèdent.

"Pardonnez ma hâte,

Il faut que je vous quitte."

Ou je me retrouverai à nu,

Sans la contrefaçon de mon âme que je vous ai vendue. 


12/05/2016
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Nuit forestière

C'est extrêmement court. Sauf que je l'aime bien donc je le met. Voilà. C'est moi qui décide de toute façon.

 

 

 

Silence. Lune ronde, pleine, pâle visage, fantôme d'un passé éteint. Centaines d'yeux jaunes tournés vers elle. Tension palpable, déroutante. Léger relâchement. Hurlements soudains. Concerto déconcertant, harmonie du grave et de l'aigu. Calme de nouveau, troublé de halètements. Fourrure hérissées, oreilles dressées, gueules ouvertes. Inspiration collective. Début d'un nouvel opéra. Plus long, plus beau. Arrêt brusque. Reprise de souffle générale. Regards aux pupilles fendues qui se croisent. Soulagement commun. Retour du chant. Changement des sentiments. Cris plus calmes, moins haineux. Nouvelle pause. Recueillement. Tristesse légère qui prend le pas sur la sérénité à peine trouvée. Fin sur une note lugubre. Échange de regards. Spectacle terminé. Séparation lente, à regret. Bois frémissant, départ en masse. Silhouettes s'éloignant au clair de lune. Astre clair, voilé de nuages. Silence. 


18/03/2016
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Affreux Serpent

Tous les soirs,

Dans ma chambre, 

Dès qu'il fait noir;

Un serpent aux yeux d'ambre

Se glisse sous ma peau.

Il rampe tout contre mes os, 

Me faisant trembler,

De terreur, frissonner,

Et, de l'intérieur, dévorée,

Chaque nuit je suis abandonnée.

Mais je sais que l'affreux serpent, 

Reviendra le jour suivant,

Effrayer sa pitoyable proie

Jusqu'au jour où il l'étouffera. 

 


10/03/2016
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